A l’origine des Impros-J’Eux: une passion

  Il y a 20 ans, Marc Legros assistait à un match d’impro théâtre (pros) proposé aux visiteurs du premier salon consacré à la personne handicapée à Liège.

Malgré une organisation exemplaire Marc est sorti fort triste de ce salon car :

  • Les personnes qui l’accompagnaient et leurs voisins, ne comprenaient rien à ce qui se passait sur scène. C’était trop « subtil », trop « mimé », trop « verbal second degré ». Par contre l’ambiance était bon enfant.  Pendant les votes la musique allait très fort et à ce moment-là tout le monde dansait dans la salle ;
  • Beaucoup se demandaient pourquoi une équipe gagnait alors que tous les « acteurs » avaient bien joué. Sur quoi se basait l’arbitre ? Les règles du jeu étaient compréhensibles (et sûrement appréciées) par les initiés. Quand on  regarde un match de foot, de basket, une course cycliste ou autres, il suffit de compter les points ou de voir qui arrive le premier.  Mais ici cela dépendait de la subjectivité du public et de l’arbitre ;
  • Il n’avait pas trouvé dans ce salon des activités permettant à des personnes handicapées de partager un temps et un espace avec d’autres personnes NON handicapées.

Des questions tournoyaient dans sa tête;

  1. Pourquoi les personnes handicapées sont-elles toujours ensemble? Elles le sont déjà du matin au soir, de la maternelle à la fin de leur vie. Pourquoi notre société est-elle si « mère poule » au point de les « surprotéger »? Est-ce parce qu’elles font peur? Mais, si c’est le cas, pourquoi les isoler? Personne n’apprendra à les connaître!  Est-ce par souci d’économie, de rentabilité? Une personne handicapée est une personne, pas un produit de consommation.
  2. Pourquoi tout tourne autour de la compétition? Pourquoi les plus beaux, les plus intelligents, les plus rapides, les plus performants, les plus « conformes » ont-ils toujours la meilleure place. Les « autres  » sont écartés, mis à la poubelle ou ne sont tolérés que pour faire fonctionner le système.

 Ce soir-là, Marc en voulait à ceux qui idolâtrent la compétition, la performance, l’élitisme, la rentabilité, l’efficacité et « le paraître » ! Pour lui, permettre l’inclusion c’est créer de vrais contacts. Pas juste se côtoyer ou défier quelqu’un. Il y avait d’autres valeurs à défendre. La première étant de favoriser la coopération et la seconde de permettre que tout le monde puisse être avec tout  le  monde.  Créer un monde où l’Humain est au centre.                                               Pourquoi refuser la richesse des échanges d’expériences ?

Marc ne voulait plus qu’on se moque des personnes handicapées ! Proposer des activités où elles ne s’y amusent qu’entre elles, ce n’est pas leurs permettre d’être plus « autonome ». C’est juste les « récréer » en se donnant bonne conscience et cautionner la construction d’un monde parallèle. Elles doivent communiquer avec des personnes non handicapées = pouvoir donner leurs avis, parler de leurs passions et autres centres d’intérêts, partager des projets, coopérer,  etc. Il fallait aller à la Rencontre des Autres.

Ce soir-là il s’est juré de créer des loisirs inclusifs. Ainsi est née sa passion ! Le lendemain, le Concept des Impros-J’Eux prenait vie. Un Concept qui ;

  • Se base les valeurs de la psychomotricité, sur la P.N.L, ,la psychologie positive et quelques aspects positifs du sport SANS compétition ;
  • Peut être proposé À TOUT LE MONDE, sous forme de Rencontres. Aussi bien les élèves des classes maternelles, les institutions, les personnes âgées, les entreprises ayant à cœur des valeurs humaines. Le meilleur levain pour l’inclusion se trouvant chez les jeunes ;
  • Permet « d’apprivoiser l’imprévu ». En d’autres mots, c’est se préparer afin de se sentir prêt, mais en acceptant l’idée que tout peut arriver car on ne sait pas tout prévoir, tout contrôler ! « Apprivoiser l’imprévu » c’est s’adapter et rebondir afin de traverser toute difficulté plus positivement. Pas besoin d’une médaille pour se motiver, il suffit de vouloir se dépasser ;
  • Met en valeur les personnes et non le coach, la discipline, les parents, les éducateurs ;
  • Remet l’Humain à sa vraie place!

Deux équipes d’Impros-J’Eux naissaient, en même temps fin 1997. Une ASBL est née en août 2000.  A ce jour, il y a 8 équipes en Belgique + une en France. Toutes vont à la Rencontre des Autres !

Le chemin a-t-il été facile ? Pas du tout. Il a fallu faire face à plusieurs stéréotypes.

-« Les mêmes personnes aiment se retrouver avec leurs semblables! Exemple: les « étrangers » aiment se retrouver ensemble! ». Réponse: En effet, nous aimons être avec des personnes provenant du même pays que nous, en quelque sorte « être en famille ». Mais si on reste continuellement entre nous cela ne permet pas de s’inclure dans le pays. Les autochtones n’apprendront jamais à nous connaître. Certes il faut isoler les violents, les méchants, les violeurs, etc. Mais pourquoi isoler des personnes parce qu’elles font, soi-disant, « peur » ? Il faut les connaître pour se prononcer.

« Quand elles sont ensemble elles partagent les « mêmes canaux de communication« . Réponse: Selon cette « logique » les noirs doivent rester entre noirs, les arabes entre arabes, les jaunes entre jaunes, les blancs entre blancs, les vieux entre vieux, les handicapés entre handicapés, les jeunes entre jeunes, les riches entre riches, les pauvres entre pauvres, etc. N’oublions pas que les personnes ayant un handicap sont déjà 24h/ 24h ensemble. Construire des mondes parallèles n’est pas idéal. Pierre Rabhi dénonce aussi cette mode des « boîtes ». Allez jeter un coup d’œil sur le site des Impros-J’Eux à la page « Nous pensons comme eux ! » pour plus d’infos… Battons-nous plutôt pour qu’elles puissent aller dans de « classiques » écoles, discothèques, piscines, restaurants, bureaux de vote, etc. Avec tous !

« On n’est pas au pays des Bisousnours. Le monde est cruel ! ». Réponse:  Pour ceux et celles qui ont vu cette série de dessins animés, il est judicieux de rappeler que les Bisounours avaient eux aussi des « pouvoirs ».  Chacun avait le sien. Exemples ; pouvoir de chasser les nuages gris et noirs, d’envoyer du soleil pour réchauffer les cœurs, d’envoyer des arcs en ciel pour amener de la couleur, d’envoyer des bisous contre la tristesse, etc. C’est notre société matérialiste qui aime nous faire croire qu’il faut créer le « Monde des Bisounours » pour être heureux et en même temps (Pour se moquer des « gentils » ?) dit que ce n’est pas possible ! Il est alors suggéré, pub à l’appui, qu’il faut de l’argent, de la force, de la performance, de la rentabilité, de la conformité  et de bonnes « Assurances » (car « on ne sait jamais »!)  pour atteindre ce bonheur. La psychologie positive prouve que c’est tout le contraire et des personnes intelligentes, comme Albert Jacquard ont dit de se méfier de la compétition et de la conformité.

« Les gens ont peur d’elles, protégeons-les ! ». Réponse: Les « sauveurs » devraient chercher d’autres victimes. Les bébés Panda c’est bien ! Les personnes ayant un handicap sont utiles et ont de grandes capacités. Ne jamais l’oublier !

– « Cela coûte moins cher de les mettre dans une seule boîte ! ». Réponse: Mais quand elles vont en « semi autonomie » ou « en autonomie » elles sont très souvent « déboussolées » ! Comme un animal en cage qui se trouve en liberté. A qui la faute ?  Si l’argent est le seul critère, c’est au détriment de l’Humain !

Conclusions

Depuis 20 ans l’ASBL propose des activités « conviviale Attitude » sans compétition, sans élitisme, sans recherche artistique pure,où tout le monde eut se retrouver et coopérer. Nous privilégions les rencontres dans les écoles 

« Tout n’est que point de vue ! », certes, mais il y a lieu d’avoir des « lignes pédagogiques communes » si on veut construire ce monde plus Humain.             Bien Vivre Ensemble n’est pas une utopie.

Si vous voulez créer un monde plus « Conviviale Attitude » venez nous rejoindre ! Il y a encore du boulot !  Il faudra vous armer de patience, de tolérance, de bienveillance et de détermination. Mais le résultat en vaut la peine ! A bientôt. Nous comptons sur vous !

Le staff de l’ASBL Impros-J’Eux

 

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